Ouvrir un salon de coiffure

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Ouvrir un salon de coiffure ne s’improvise pas ! Il faut en effet détenir un diplôme, réaliser un business plan, aménager son local pour recevoir du public, choisir une structure juridique pour se lancer en indépendant ou en franchise, et effectuer toutes les démarches pour s’immatriculer. Voici un récapitulatif des étapes qui jalonnent l’ouverture d’un salon de coiffure.

Quel diplôme faut-il pour ouvrir un salon de coiffure ?

Un savoir-faire est nécessaire pour ouvrir son salon de coiffure, c’est pourquoi il faudra que l’entrepreneur, l’un de ses salariés ou son conjoint collaborateur soit titulaire :
-    D’un brevet professionnel de coiffure
-    Ou d’un brevet de maîtrise de coiffure
-    Ou d’un diplôme inscrit au répertoire national de certification professionnelle dans le domaine de la coiffure, et d’un niveau égal ou supérieur au brevet.

Par exception, si l’entrepreneur ouvre un salon de coiffure pour homme dans une commune de moins de 2 000 habitants, alors il n’a pas besoin de diplôme.

Le stage de préparation à l’installation

En principe, le coiffeur est considéré comme un artisan, même si rien ne lui empêche de cumuler son activité avec une activité commerciale, notamment lorsque par exemple, il vend des produits de coiffure dans son salon. En revanche dès lors que l’entreprise compte plus de 10 salariés, elle sera considérée comme exerçant une activité commerciale.

Avant le 24 mai 2019, l’entrepreneur qui s’inscrivait au Répertoire des Métiers devait suivre un stage de préparation à l’installation (SPI), peu importe la structure ou le statut juridique choisi. Cette obligation a été supprimée par la loi PACTE, mais le coiffeur peut choisir de suivre tout de même la formation, afin d’acquérir les compétences de base nécessaires à la gestion d’entreprise. Elle coûte en moyenne 194 € et dure au minimum 30 heures.

L’étude de marché et le business plan avant l’ouverture d’un salon de coiffure

Il convient à cette étape de vérifier si oui ou non le projet d’ouverture du salon de coiffure est viable. L’entrepreneur devra donc réaliser une étude de marché, pour déterminer l’étendue de la zone de chalandise et l’état de la concurrence.

Il lui faudra également estimer le chiffre d’affaires prévisionnel, les besoins en financement en fonction notamment des charges prévisibles, des travaux d’aménagement et du stock à acheter.

S’il décide de se lancer aux côtés d’une franchise, l’entrepreneur se fera remettre le document d’information précontractuelle et toutes les informations nécessaires pour évaluer la bonne santé de l’enseigne.

Le choix du local

L’entrepreneur devra trouver le local idéal pour ouvrir son salon de coiffure. Comme pour tout bien immobilier, le critère déterminant est l’emplacement, l’emplacement et encore l’emplacement. Les zones commerciales et les centres-villes, qui bénéficient de beaucoup de passage, sont bien évidemment à privilégier.

La plupart du temps, des travaux d’adaptation du local à l’activité seront nécessaires, sauf à reprendre un salon déjà existant et bien agencé.

Il faudra également négocier les termes du bail commercial et prendre toutes les précautions pour qu’il soit bien rédigé.

La réglementation applicable aux salons de coiffure

Le local commercial affecté à l’exercice de la coiffure doit répondre à un certain nombre de prescriptions réglementaires car il a vocation à accueillir du public.

Il lui faut donc être conforme aux règles de sécurité et de lutte contre les incendies, et être aménagé et entretenu de manière à assurer la santé et la sécurité des salariés. Le local devra répondre aux nombres d’hygiène qui régissent l’activité.

En outre, si le coiffeur est libre d’appliquer les tarifs qu’il souhaite pour les prestations, il doit néanmoins les afficher à l’extérieur et à l’intérieur du salon.

Enfin, s’il désire diffuser de la musique, il devra en demander l’autorisation auprès de la SACEM et payer une redevance.

Quelle structure juridique choisir pour ouvrir son salon de coiffure ?

Il n’existe pas de règles définies, mais le statut de la micro entreprise apparaît peu adapté à l’activité de coiffure. En effet, le coiffeur se trouvera rapidement limité par les plafonds de chiffre d’affaires et il ne lui sera pas possible de déduire ses charges de son bénéfice imposable. Or celles-ci peuvent vite grimper !

Le coiffeur peut se tourner vers l’entreprise individuelle, ou vers le régime de l’EIRL. Ce dernier lui permet en effet de limiter l’étendue de sa responsabilité au patrimoine d’affectation de l’entreprise. Son patrimoine personnel échappera ainsi à la saisie éventuelle par les créanciers en cas de difficultés économiques. En outre, l’EIRL permet à l’entrepreneur d’opter pour l’impôt sur les sociétés au lieu de supporter lui-même la taxation sur sa feuille de revenus.

Le coiffeur peut également choisir une structure classique, EURL ou SASU s’il est le seul associé, SARL ou SAS à plusieurs. Pour des raisons évidentes de coût, la SA, qui impose de réunir au moins 7 actionnaires et 37 000 € de capital social, ne constitue par un choix judicieux au démarrage de l’activité.

S’il se lance seul, l’entrepreneur qui hésite entre l’EURL et la SASU se demandera s’il préfère être rattaché à la sécurité sociale des indépendants ou générale.

La franchise, une bonne option pour se lancer dans la coiffure

Le secteur demeure ultra concurrentiel, c’est pourquoi la franchise en coiffure présente bien des avantages pour ceux qui souhaitent ouvrir leur salon. En effet, avant d’ouvrir son modèle économique au partenariat, le réseau a déjà passé plusieurs années à la tester, avec succès, sur le terrain.

En outre, au lieu de mettre du temps à se forger une réputation, le coiffeur profitera dès son installation de la notoriété de l’enseigne choisie, ainsi que de son identité visuelle.

La force de frappe d’un réseau se retrouve également dans la négociation du prix des produits. En tant qu’indépendant, le coiffeur bénéficiera certes de tarifs grossiste, mais une enseigne, qui opère le plus souvent via une centrale d’achat et qui réalise un important volume de commande, obtient de meilleures ristournes qui profitent à tous les membres du réseau.

En tant que franchisé, le coiffeur peut aussi compter sur une formation continue dispensée par l’enseigne pour se tenir au courant des nouvelles tendances sur son secteur. De la même manière, il pourra s’appuyer sur un accompagnement constant tout au long de l’exploitation du salon.

Les formalités de création du salon de coiffure

Les formalités d’immatriculation vont varier en fonction de la structure retenue, mais le plus souvent, le coiffeur devra rédiger les statuts, publier une annonce de création dans un journal d’annonces légales compétent, remplir le formulaire M0 et déposer un dossier complet auprès du greffe du tribunal de commerce.

Une fois toutes ces démarches réalisées, le coiffeur peut enfin ouvrir son salon !

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